1Dette Macron : 1197 milliards de plus, et c’est votre épargne qui paie
Élu pour réformer l’État, il a baissé les impôts sans baisser la dépense. La différence, 1197 milliards de dette, se paie aujourd’hui en taux, en impôts et en rendement de votre épargne. Les chiffres, sans les slogans.

En bref
- Dette Macron : la dette publique est passée de 98,8 % du PIB fin 2017 à 115,7 % fin 2025, soit 1197 milliards d’euros de plus. Sur la même période, la dette de la zone euro n’a pas bougé.
- La dépense publique n’a pas baissé : 57,7 % du PIB en 2017, 57,3 % en 2025, première ou deuxième de l’Union européenne chaque année. Les impôts, eux, ont baissé de 1,7 point. La différence a été empruntée.
- Le marché le facture : la France emprunte à 10 ans plus cher que le Portugal, l’Espagne et, en septembre 2026, l’Italie. Les intérêts de la dette coûteront 91 milliards en 2027, autant que l’école.
- L’épargnant paie en dernier : flat tax relevée à 31,4 % en 2026, Livret A à -6 % de pouvoir d’achat sur la période, fonds euros négatifs avant impôt.
- Ce qu’il faut lui reconnaître : un Covid mieux traversé que chez les voisins, un taux d’emploi record, des créations d’entreprises doublées. Des résultats réels, obtenus à crédit.
Quand Emmanuel Macron arrive à Bercy en août 2014, la presse le surnomme déjà le Mozart de la finance. Près de dix ans après son élection, j’ai voulu savoir ce que la partition avait donné. Pas en opinion, en chiffres.
Je ne fais pas de politique sur ce blog. Je compte. Depuis plus de trente ans, j’investis mon propre argent, et chaque décision prise à Bercy finit par se lire dans mon PEA, mes assurances-vie et ma feuille d’impôt. J’ai donc appliqué à la dette Macron et à toute la décennie la méthode de mes crash tests : des chiffres datés, sourcés, comparés aux voisins, qui ont subi les mêmes crises que nous. Ce qui est propre à la France se lit dans l’écart.
Le verdict tient en trois temps. Il a été élu pour réformer l’État. Il a baissé les impôts sans baisser la dépense. La différence a été empruntée, et c’est vous qui la payez, en taux, en impôts et en rendement de votre épargne. Les points favorables existent, j’y reviens à la fin. Ils ne changent pas la facture.
Acte 1. La promesse non tenue : l’État n’a pas maigri
En 2017, le candidat promettait 120.000 postes de fonctionnaires en moins et 60 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. En 2022, il promettait le plein emploi, la retraite à 65 ans, un déficit sous 3 % en 2027 et une dette en baisse dès 2026. Voici ce qu’il en est.
Les promesses de 2017 et de 2022 face aux résultats
| Promesse | Année de la promesse | Résultat (date du chiffre) |
|---|---|---|
| 120 000 postes de fonctionnaires en moins | 2017 | +213 500 agents publics entre fin 2017 et fin 2024, +326 500 hors contrats aidés (Insee) |
| 60 milliards d’euros d’économies sur cinq ans | 2017 | Dépenses publiques à 57,7 % du PIB en 2017, 57,3 % en 2025. Première ou deuxième de l’Union européenne chaque année (Eurostat) |
| Impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % | 2017 | Tenu, 25 % depuis 2022 |
| Flat tax à 30 % sur les revenus du capital | 2017 | Tenu en 2018. Relevée à 31,4 % en 2026 |
| ISF remplacé par un impôt sur l’immobilier | 2017 | Tenu en 2018 (IFI) |
| Taxe d’habitation supprimée pour 80 % des foyers | 2017 | Supprimée pour tous sur la résidence principale en 2023. Coût : 21,8 milliards par an (Cour des comptes) |
| Chômage à 7 % fin 2022 | 2017 | 7,3 % en moyenne 2022, plus bas depuis 2008. Presque tenu (Eurostat) |
| Plein emploi en 2027 | 2022 | 8,3 % au deuxième trimestre 2026, sixième hausse de suite (Insee) |
| Retraite à 65 ans | 2022 | 64 ans votés en 2023, puis suspension en 2026 : 63 ans et 9 mois pour la génération 1968 |
| 15 milliards de baisses d’impôts par an (redevance TV, CVAE) | 2022 | Redevance supprimée en 2022. CVAE repoussée à 2030. Flat tax relevée en 2026 |
| Déficit sous 3 % du PIB en 2027 | 2022 | 5,0 % prévus pour 2027 (PLF 2027) |
| Dette en baisse à partir de 2026 | 2022 | 115,7 % du PIB fin 2025, 119,0 % en juin 2026, 121,7 % prévus fin 2027 |
Le partage est net. Tout ce qui consistait à baisser un impôt a été fait, parfois au-delà de la promesse : la taxe d’habitation a disparu pour tout le monde sur la résidence principale, pas seulement pour 80 % des foyers. Tout ce qui consistait à réduire l’État n’a pas eu lieu. La fonction publique compte 213.500 agents de plus qu’en 2017, et 326.500 de plus si l’on exclut les contrats aidés, dont le nombre a fondu. Dès mars 2022, un audit de l’École supérieure de journalisme de Lille pour Le Monde comptait 43 % des 400 engagements de 2017 tenus, 18 % tenus en partie et 31 % non tenus. Les promesses de 2022 sur les comptes publics sont, elles, toutes hors d’atteinte.
Dépenses publiques et prélèvements, en % du PIB
| Année | Dépenses France | Prélèvements obligatoires France | Dépenses Allemagne | Dépenses zone euro | Rang de la France dans l’UE (dépenses) |
|---|---|---|---|---|---|
| 2007 | 53,6 | 42,3 | 43,5 | 45,9 | non dispo. |
| 2012 | 57,9 | 43,9 | 45,1 | 50,3 | non dispo. |
| 2017 | 57,7 | 45,3 | 44,4 | 47,4 | 1er sur 27 |
| 2019 | 55,3 | 44,0 | 45,3 | 47,0 | 1er sur 27 |
| 2020 | 61,7 | 44,3 | 50,7 | 53,5 | 1er sur 27 |
| 2022 | 58,4 | 45,0 | 48,3 | 49,8 | 1er sur 27 |
| 2024 | 57,0 | 42,7 | 49,0 | 49,3 | 2e sur 27 |
| 2025 | 57,3 | 43,6 | 50,1 | 49,8 | 2e sur 27 |

Les prélèvements obligatoires ont reculé de 45,3 % à 43,6 % du PIB entre 2017 et 2025. Soit 1,7 point, l’équivalent d’environ 50 milliards d’euros par an au PIB de 2025. C’est une vraie baisse, et je la salue. La dépense publique, elle, est restée à 57 % du PIB, deuxième de l’Union européenne derrière la Finlande, loin devant l’Allemagne à 50 % et la zone euro à 49,8 %. En huit ans, l’écart avec nos voisins n’a pas été réduit, il a été entretenu.
Baisser les impôts sans baisser la dépense, ce n’est pas une réforme. C’est un crédit. Et un crédit se rembourse, avec des intérêts. La suite de cet article raconte qui le rembourse.
Qui a gagné aux baisses d’impôts
L’Institut des politiques publiques a calculé l’effet des mesures fiscales et sociales de 2017-2022 sur le niveau de vie de chaque tranche de revenus. Pour les 5 % les plus modestes : entre -35 et +39 euros par an, presque rien. Jusqu’au revenu médian, environ 200 euros par an. Pour le tiers supérieur, environ 500 euros. Pour le 1 % le plus aisé, jusqu’à 3519 euros par an.
Les réformes visaient le capital et les entreprises, elles ont profité à ceux qui en détiennent. Si vous lisez ce blog, vous en faites sans doute partie. Gardez ce chiffre en tête pour la suite : ce que la flat tax vous a donné en 2018, l’État a commencé à le reprendre en 2026.
Acte 2. La facture de la dette Macron : 1197 milliards, et le marché qui ne fait plus crédit
Fin 2017, la dette publique atteignait 2263 milliards d’euros, 98,8 % du PIB. Fin 2025, 3460 milliards, 115,7 %. Fin juin 2026, 3595,5 milliards et 119,0 % du PIB, selon l’Insee.
La dette publique française
| Fin d’année | Milliards d’euros | % du PIB | Repère |
|---|---|---|---|
| 2007 | 1 268,9 | 65,5 | Début du mandat Sarkozy |
| 2012 | 1 915,8 | 91,7 | Début du mandat Hollande |
| 2017 | 2 263,3 | 98,8 | Début du mandat Macron |
| 2019 | 2 387,4 | 98,2 | Avant le Covid |
| 2020 | 2 663,9 | 114,9 | Année Covid |
| 2022 | 2 955,6 | 111,4 | Crise de l’énergie |
| 2024 | 3 306,1 | 112,6 | Dissolution |
| 2025 | 3 460,1 | 115,7 | Dernière année complète |
| Juin 2026 | 3 595,5 | 119,0 | Dernier trimestre publié |
| Fin 2027 (prévision) | non dispo. | 121,7 | Rapport sur la dette, PLF 2027 |
La hausse atteint 1197 milliards d’euros entre fin 2017 et fin 2025, soit 16,9 points de PIB. Sur cinq ans, Nicolas Sarkozy avait ajouté 647 milliards avec la crise de 2008, et François Hollande 348 milliards. Ramené à l’année, cela fait environ 150 milliards par an pour la période actuelle, contre 129 pour la première et 69 pour la seconde.
Les « 1000 milliards », vrai ou faux
Vrai en euros, et même en dessous de la réalité : 1197 milliards entre fin 2017 et fin 2025. Mais une partie de cette hausse vient de l’inflation, qui gonfle aussi le PIB. En points de PIB, la hausse est de 16,9.
Les crises expliquent une partie de cette hausse, pas tout. L’OFCE, le centre de recherche de Sciences Po, attribue aux crises entre 52 % et 69 % de la hausse du ratio de dette entre 2016 et 2023, selon la façon de classer le plan de relance. Le reste, entre un tiers et la moitié, vient de choix durables pris sans financement, pour 127 à 186 milliards d’euros de 2023. Les crises expliquent la moitié de la hausse. Pas l’autre moitié.
La comparaison avec les voisins, qui ont subi le même virus et la même guerre, est la plus parlante.
La dette publique comparée, en % du PIB
| Pays | 2017 | 2019 | 2020 | 2024 | 2025 | Variation 2017-2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 98,8 | 98,2 | 114,9 | 112,6 | 115,7 | +16,9 points |
| Allemagne | 63,7 | 58,3 | 67,5 | 61,4 | 62,8 | -0,9 point |
| Italie | 134,0 | 134,2 | 154,7 | 134,3 | 136,7 | +2,7 points |
| Espagne | 101,2 | 97,7 | 119,3 | 101,4 | 100,5 | -0,7 point |
| Pays-Bas | 56,0 | 47,7 | 53,4 | 44,0 | 44,7 | -11,3 points |
| Belgique | 102,6 | 97,7 | 111,4 | 104,0 | 108,1 | +5,5 points |
| Portugal | 126,0 | 116,1 | 134,1 | 93,0 | 89,2 | -36,8 points |
| Grèce | 182,1 | 183,2 | 209,4 | 153,5 | 145,4 | -36,7 points |
| Zone euro (20 pays) | 87,4 | 83,5 | 96,3 | 86,6 | 87,7 | +0,3 point |
| Royaume-Uni (base FMI) | 85,9 | 84,5 | 104,4 | 99,4 | 102,1 | +16,2 points |
| États-Unis (base FMI) | 106,5 | 108,8 | 132,6 | 122,3 | 124,4 | +17,9 points |
Sur huit ans, la dette de la zone euro est stable, à 87,7 % du PIB. L’Allemagne a retrouvé son niveau de 2017. Le Portugal et la Grèce ont réduit la leur de 37 points. La France est le seul grand pays de la zone euro à avoir ajouté plus de 10 points. Hors zone euro, seuls les États-Unis font pire, et le Royaume-Uni fait à peine mieux.
Et la trajectoire ne s’inverse pas. Le rapport sur la dette joint au projet de budget 2027 prévoit 119,3 % du PIB fin 2026 et 121,7 % fin 2027. Pour financer tout cela, l’Agence France Trésor prévoit d’emprunter 340 milliards d’euros sur les marchés en 2027, un record, contre 260 milliards en 2022.
Le déficit public, en % du PIB
| Année | France | Allemagne | Italie | Espagne | Zone euro |
|---|---|---|---|---|---|
| 2017 | 3,4 | excédent 1,3 | 2,5 | 3,1 | 1,0 |
| 2018 | 2,3 | excédent 1,9 | 2,2 | 2,6 | 0,5 |
| 2019 | 2,4 | excédent 1,3 | 1,5 | 3,1 | 0,5 |
| 2020 | 8,9 | 4,3 | 9,4 | 9,9 | 7,0 |
| 2021 | 6,6 | 3,2 | 8,9 | 6,7 | 5,1 |
| 2022 | 4,7 | 1,9 | 8,1 | 4,6 | 3,4 |
| 2023 | 5,4 | 2,2 | 7,1 | 3,3 | 3,4 |
| 2024 | 5,8 | 2,7 | 3,4 | 3,2 | 3,0 |
| 2025 | 5,1 | 2,9 | 3,1 | 2,4 | 3,0 |
| 2026 (prévision) | 5,4 | non dispo. | non dispo. | non dispo. | non dispo. |
| 2027 (prévision) | 5,0 | non dispo. | non dispo. | non dispo. | non dispo. |
Deux années seulement, 2018 et 2019, sont passées sous la barre des 3 % du PIB. Le déficit de 2017, revu à 3,4 % par l’Insee, la dépasse déjà. Le choc de 2020 se comprend. Ce qui se comprend moins, c’est l’absence de retour : 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024, 5,1 % en 2025, et 5,4 % prévus pour 2026 alors que l’objectif initial était 4,7 %. La France est sous procédure européenne pour déficit excessif depuis l’été 2024. En 2025, seule la Belgique fait un peu moins bien dans la zone euro. L’Allemagne est à 2,9 %, l’Espagne à 2,4 %, le Portugal et la Grèce sont en excédent. La Suisse, avec sa règle d’or, boucle ses comptes à l’équilibre depuis vingt ans.
Pendant des années, les marchés ont fait crédit à la France presque au prix allemand. C’est fini.
Les taux d’emprunt à 10 ans, en % par an
| Pays | 2017 | 2022 | 2024 | 2025 | Juin 2024 | Sept. 2026 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 0,81 | 1,70 | 2,97 | 3,37 | 3,15 | 4,44 |
| Allemagne | 0,32 | 1,14 | 2,32 | 2,61 | 2,48 | 3,47 |
| Italie | 2,11 | 3,16 | 3,71 | 3,59 | 3,94 | 4,36 |
| Espagne | 1,56 | 2,18 | 3,15 | 3,22 | 3,35 | 3,93 |
| Portugal | 3,05 | 2,17 | 2,96 | 3,08 | 3,19 | 3,85 |
| Grèce | 5,98 | 3,49 | 3,35 | 3,38 | 3,65 | 4,22 |
| Écart France-Allemagne (points de base) | 49 | 56 | 65 | 76 | 67 | 97 |
Le rendement de l’emprunt français à 10 ans est passé de 0,81 % en 2017 à 4,44 % en septembre 2026. L’écart avec l’Allemagne a doublé, de 49 à 97 points de base. Et l’ordre des pays a changé. En moyenne mensuelle, la France emprunte plus cher que le Portugal depuis juillet 2024, que l’Espagne depuis octobre 2024, que la Grèce par périodes depuis août 2025. En septembre 2026, elle paie 4,44 % contre 4,36 % pour l’Italie. Le 21 octobre 2026, l’OAT à 10 ans a touché 5 % en séance, une première depuis juillet 2002. La hausse des taux de la BCE touche tout le monde. L’écart avec les voisins, lui, est propre à la France : il a bondi de 51 à 67 points de base entre mai et juin 2024, le mois de la dissolution.
La charge d’intérêts de la dette publique
| Année | Intérêts versés (milliards d’euros) | % du PIB | Statut |
|---|---|---|---|
| 2017 | 41,0 | 1,79 | Observé |
| 2020 | 29,7 | 1,28 | Observé, point bas |
| 2022 | 50,9 | 1,92 | Observé |
| 2024 | 60,1 | 2,05 | Observé |
| 2025 | 65,7 | 2,20 | Observé, provisoire |
| 2026 | 79,2 | 2,6 | Prévision du gouvernement |
| 2027 | 91,0 | 2,9 | Prévision du gouvernement |
| 2030 | non dispo. | 3,7 | Projection DG Trésor |
La charge d’intérêts est passée de 41 milliards d’euros en 2017 à 65,7 milliards en 2025. Le gouvernement prévoit 79,2 milliards en 2026 et 91 milliards en 2027. La loi de finances 2026 consacre 66,5 milliards à la Défense et 89,6 milliards à l’enseignement scolaire, pensions comprises. Les périmètres diffèrent, mais l’ordre de grandeur est là : dès 2027, les intérêts de la dette coûteront autant que l’école. Le Trésor projette 3,7 % du PIB en 2030, contre 2,2 % en 2025. Chaque euro de cette ligne est un euro d’impôt qui ne finance rien.
La note de la France : de AA à A+
| Date | Agence | Note | Perspective | Décision |
|---|---|---|---|---|
| Mai 2017 | S&P / Moody’s / Fitch | AA / Aa2 / AA | Stable | Point de départ |
| 14 décembre 2024 | Moody’s | Aa3 | Stable | Note abaissée |
| 12 septembre 2025 | Fitch | A+ | Stable | Note abaissée |
| 17 octobre 2025 | S&P | A+ | Stable | Note abaissée |
| 24 octobre 2025 | Moody’s | Aa3 | Négative | Perspective abaissée |
| 30 octobre 2026 | Fitch | A+ | Négative | Perspective abaissée |
En mai 2017, les trois agences notaient la France AA ou Aa2, perspective stable. Depuis, elles ont pris quatorze décisions : une amélioration de perspective en 2018, annulée en 2020, et treize dégradations. Le tableau ne garde que les dernières. La France est aujourd’hui A+ chez Fitch et S&P, deux crans en dessous de 2017, et Aa3 chez Moody’s. Deux perspectives sur trois sont négatives. Le 23 octobre 2026, Moody’s a maintenu sa note en citant trois risques : que le Parlement ne vote pas le redressement, que la réforme des retraites soit suspendue ou annulée, et que des tensions sociales freinent l’effort.
Les gouvernements depuis 2017
| Premier ministre | Nomination | Fin | Recours au 49.3 |
|---|---|---|---|
| Édouard Philippe | 15 mai 2017 | 3 juillet 2020 | 1 |
| Jean Castex | 3 juillet 2020 | 16 mai 2022 | 0 |
| Élisabeth Borne | 16 mai 2022 | 9 janvier 2024 | 23 |
| Gabriel Attal | 9 janvier 2024 | 5 septembre 2024 | 0 |
| Michel Barnier | 5 septembre 2024 | 13 décembre 2024 (censuré le 4 décembre) | 1 |
| François Bayrou | 13 décembre 2024 | 9 septembre 2025 | 4 |
| Sébastien Lecornu | 9 septembre 2025, puis 10 octobre 2025 | En fonction | 3 |
Sept Premiers ministres et neuf gouvernements en neuf ans. Une dissolution le 9 juin 2024, une censure le 4 décembre 2024, la première depuis 1962, et 32 recours au 49.3, dont 23 pour Élisabeth Borne. Les marchés ont mis un prix sur cette instabilité : l’écart de taux avec l’Allemagne est passé de 51 points de base en mai 2024 à 67 en juin, puis à 97 en septembre 2026. Un État qui dépense 57 % du PIB, emprunte 340 milliards par an et ne parvient plus à voter un budget sans 49.3 : voilà ce que les agences notent.
Je n’attends pas de cet État qu’il finance ma retraite. Mon simulateur de liberté financière calcule le capital qu’il vous faut pour ne dépendre que de vous, retraits et inflation compris, avec une poche de sécurité et une poche de croissance.
Acte 3. Qui paie la dette Macron : vous

La dette publique n’a rien d’abstrait pour un épargnant. Elle lui coûte trois fois.
Par l’impôt d’abord. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 %, par la hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. La promesse de 2017 tient pour l’impôt sur le revenu, plus pour le total. Le PEA et l’assurance-vie subissent la même hausse. J’ai détaillé les conséquences dans mon match entre PEA, CTO et assurance-vie. Ce que la flat tax vous a rendu en 2018, l’État a commencé à le reprendre.
Par le rendement de l’épargne dite sans risque ensuite.
Livret A et fonds euros après inflation
| Année | Inflation | Livret A | Livret A réel | Fonds euros | Fonds euros réel |
|---|---|---|---|---|---|
| 2017 | 1,0 % | 0,75 % | -0,25 % | 1,83 % | +0,82 % |
| 2018 | 1,9 % | 0,75 % | -1,13 % | 1,83 % | -0,07 % |
| 2019 | 1,1 % | 0,75 % | -0,35 % | 1,46 % | +0,36 % |
| 2020 | 0,5 % | 0,52 % | +0,02 % | 1,28 % | +0,78 % |
| 2021 | 1,6 % | 0,50 % | -1,08 % | 1,28 % | -0,31 % |
| 2022 | 5,2 % | 1,38 % | -3,64 % | 1,91 % | -3,13 % |
| 2023 | 4,9 % | 2,92 % | -1,89 % | 2,60 % | -2,19 % |
| 2024 | 2,0 % | 3,00 % | +0,98 % | 2,63 % | +0,62 % |
| 2025 | 0,9 % | 2,16 % | +1,25 % | 2,63 % | +1,71 % |
| Cumul 2017-2025 | non dispo. | non dispo. | -6,0 % | non dispo. | -1,5 % |
Le Livret A a perdu du pouvoir d’achat six années sur neuf, dont 3,64 % en 2022. Cumulé de 2017 à 2025, il a perdu 6 %. Les fonds euros d’assurance-vie, investis en bonne partie en obligations d’État, ont perdu 3,13 % en 2022 et 2,19 % en 2023, et 1,5 % sur neuf ans avant prélèvements sociaux, davantage après. Pendant ce temps, le taux d’épargne des ménages est passé de 14,0 % à 17,9 % du revenu, plus d’un euro sur six. Les Français ont épargné davantage, sur des supports qui perdaient de la valeur, pendant que la même inflation allégeait la dette de l’État à leurs dépens. J’ai mesuré dans un autre article ce que vaut l’inflation officielle sur longue période.
La sortie existe, et elle ne demande ni talent ni timing. 250 euros par mois investis à 8 % par an rapportent plus que le versement lui-même dès la dixième année. Mon simulateur DCA le montre année par année, avec l’inflation de votre choix.
Par le risque pays enfin. Quand la France emprunte plus cher que l’Italie, ses banques et ses entreprises empruntent en général plus cher aussi, et un portefeuille concentré sur la France porte ce risque sans le voir.
Les marchés depuis l’élection, dividendes réinvestis
| Indice | 15 mai 2017 | 2 novembre 2026 | Performance en euros | 10 000 € placés en 2017 |
|---|---|---|---|---|
| CAC 40 (dividendes bruts réinvestis) | 13 533,78 | 26 775,19 | +97,8 % | 19 784 € |
| DAX (indice de performance) | 12 807,04 | 25 981,09 | +102,9 % | 20 287 € |
| S&P 500 (rendement total, converti en euros) | 4 625,51 | 16 925,31 | +260,2 % | 36 017 € |
Un épargnant qui a placé 10.000 euros sur le CAC 40 le 15 mai 2017, dividendes réinvestis, en a 19.784 le 2 novembre 2026. Sur le DAX, 20.287. Sur le S&P 500, converti en euros, 36.017. Les actions françaises ont doublé malgré tout ce qui précède, parce que la Bourse ne note pas un pays, elle note des entreprises. Mais elles ont fait moitié moins bien que les américaines, et moins bien que les allemandes, dont l’économie a pourtant stagné. C’est l’une des raisons pour lesquelles je parie sur l’Allemagne et sur les États-Unis plutôt que sur la France.
La leçon de ces trois tableaux tient en une phrase : sur dix ans, l’épargne réglementée a perdu, les actions ont gagné, et la diversification hors de France a gagné davantage. Mon simulateur de diversification permet de tester votre propre répartition entre actions, obligations, or et matières premières sur 56 ans de marché, de 1970 à 2025, inflation comprise.
Ce qu’il faut lui reconnaître
Un crash test honnête compte aussi les gains. Il y en a, et certains sont nets.
- Le Covid a été mieux traversé qu’ailleurs. Surmortalité de 2020 à 2022 : 1888 décès par million d’habitants en France, contre 2281 en Allemagne, 2893 en Espagne, 4082 en Italie, 2719 au Royaume-Uni et 3767 aux États-Unis. Écoles totalement fermées sept semaines, contre quatorze en Allemagne. PIB revenu à son niveau d’avant crise au troisième trimestre 2021, avant l’Allemagne et l’Espagne. Et le soutien budgétaire recensé par le FMI, 9,6 % du PIB, est inférieur à celui de l’Allemagne, 15,3 %.
- L’emploi a progressé. Le taux d’emploi des 15-64 ans est passé de 65,5 % à 69,3 %, un record, et le chômage de 9,4 % à 7,3 % en 2022, avant de remonter à 8,3 % mi-2026. L’apprentissage est passé de 305.271 contrats en 2017 à 846.164 en 2025.
- Les créations d’entreprises ont presque doublé, de 657.600 en 2017 à 1,17 million en 2025, même si les deux tiers sont des micro-entreprises et si les défaillances ont suivi, à 70.766 sur douze mois à fin août 2026.
- La croissance a battu l’Allemagne : +9,6 % en volume entre 2017 et 2025, contre +3,2 %. Elle a perdu contre l’Espagne (+14,9 %), le Portugal (+18,3 %) et les Pays-Bas (+14,5 %).
- L’inflation de 2022 a été contenue à 5,9 % contre 8,4 % dans la zone euro, grâce au bouclier tarifaire. La France est restée première d’Europe pour les projets d’investissement étrangers, avec 852 projets en 2025, en recul de 17 %.
Ces résultats sont réels. Ils ont été achetés à crédit. Le problème n’est pas ce que cette décennie a obtenu, c’est ce qu’elle n’a pas payé.
Dette Macron : ce que je retiens, et ce que j’en fais
- Les promesses fiscales ont été tenues, les promesses d’économies non. La dette a financé la différence : 1197 milliards de plus, 17 points de PIB, quand la zone euro restait stable.
- Le marché a fini par le facturer. La France emprunte plus cher que l’Espagne, le Portugal et l’Italie, et les intérêts de la dette coûteront autant que l’école dès 2027.
- L’épargnant paie en dernier : flat tax relevée, Livret A et fonds euros négatifs après inflation. Et ce n’est pas fini, puisque la dette doit encore monter jusqu’en 2027.
- Je ne concentre pas mon patrimoine sur mon propre pays. Je l’ai expliqué dans mon article sur la diversification, et je garde une poche de liquidités pour le prochain choc, parce qu’un État qui emprunte 340 milliards par an n’est pas à l’abri d’en provoquer un.
Cet article décrit ma propre lecture des chiffres publics. Ce n’est pas un conseil en investissement, ni une consigne de vote. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Données arrêtées au 3 novembre 2026, rassemblées par ChatGPT en mode recherche approfondie à partir des sources primaires, puis vérifiées une par une pour les chiffres clés. Les séries de comptes nationaux sont révisables. Les comparaisons entre présidences portent sur des années civiles, pas sur des mandats au jour près, et la période Macron est plus longue que les deux précédentes. Un chiffre qui bouge pendant une présidence ne prouve pas qu’elle l’a causé : c’est pour cela que chaque tableau compare la France à ses voisins. Deux données n’ont pas pu être établies : les indices italien et espagnol à dividendes réinvestis au 15 mai 2017, et le coût public consolidé de l’apprentissage.
FAQ
De combien la dette a-t-elle augmenté sous Macron ?
De 1197 milliards d’euros entre fin 2017 et fin 2025, soit de 98,8 % à 115,7 % du PIB. Fin juin 2026, elle atteint 3595,5 milliards, 119,0 % du PIB. En points de PIB, la hausse est de 16,9, contre 26,2 sous Sarkozy, avec la crise de 2008, et 7,1 sous Hollande.
Pourquoi la France emprunte-t-elle plus cher que l’Italie ?
Parce que son déficit reste au-dessus de 5 % du PIB depuis 2023 alors que l’Italie l’a ramené à 3,1 %, et parce que l’instabilité politique depuis la dissolution de juin 2024 fait douter les investisseurs de la capacité du Parlement à voter un redressement. En septembre 2026, la France payait 4,44 % à 10 ans, l’Italie 4,36 %.
Qu’est-ce que la dette coûte à un épargnant ?
La flat tax est passée de 30 % à 31,4 % en 2026. Le Livret A a perdu 6 % de pouvoir d’achat entre 2017 et 2025, les fonds euros 1,5 % avant impôt. Et les taux à 10 ans, passés de 0,8 % à 4,4 %, pèsent sur la valeur des obligations détenues dans les contrats en euros.
Le bilan est-il entièrement négatif ?
Non. Le taux d’emploi a gagné 3,8 points, l’apprentissage a presque triplé, la France a mieux traversé le Covid que ses voisins, les créations d’entreprises ont doublé et les prélèvements ont baissé de 1,7 point de PIB. Le problème est le financement de ces résultats : la dépense publique n’a pas baissé, et la différence a été empruntée.
Sources
- Insee : dette trimestrielle de Maastricht (29 septembre 2026), comptes nationaux base 2020, emploi public 2024, chômage T2 2026, niveaux de vie 2024. Eurostat : notification du 21 octobre 2026 (dette, déficit, dépenses), enquêtes forces de travail, IPCH. BCE : rendements harmonisés à long terme. FMI : Perspectives de l’économie mondiale (octobre 2026), base Covid (octobre 2021).
- Cour des comptes : finances publiques 2023, impôts locaux (janvier 2025), Sécurité sociale (octobre 2026). HCFP : avis du 25 septembre 2026 sur le PLF 2027. DG Trésor : rapport sur la dette des administrations publiques, PLF 2027. Agence France Trésor : notations, programme de financement 2027. Assemblée nationale : registre des engagements de responsabilité.
- OFCE : Plane, Ragot et Sampognaro, Les crises expliquent-elles la hausse de la dette publique en France ? (mai 2024) et L’économie française 2025. Institut des politiques publiques : impacts redistributifs du budget 2022 (novembre 2021). France Stratégie : comité d’évaluation de la fiscalité du capital (octobre 2023). Dares : contrats d’apprentissage. Banque de France : défaillances (août 2026), épargne réglementée. ACPR : assurance-vie 2025. EY : baromètre de l’attractivité 2026. Our World in Data : surmortalité. UNESCO : fermetures d’écoles. Euronext : CAC 40 GR. Yahoo Finance : DAX et S&P 500 TR.
- Programmes : Public Sénat (13 avril 2017), La Libre Belgique et Europe 1 (17 mars 2022), Institut Montaigne (chiffrage 2022). Le Monde et La Libre Belgique : audit de l’ESJ Lille (mars 2022). Boursorama : OAT à 5 % (21 octobre 2026). Journal du Net : Moody’s (26 octobre 2026).



